La Cour des Miracles


 
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 La Messe de Minuit

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Cardinal de Therould
Cardinal
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Cardinal de Therould


Feuille de personnage
Rang: Noble
Profession: Cardinal
Parti (pour les Miséreux): Royaliste
MessageSujet: La Messe de Minuit   Lun 21 Déc - 22:25

La neige estompait tout. Sous la neige, les gargouilles de la Cathédrale Notre Dame se fabriquaient des chapeaux et des épaulettes ridicules, et les pics de glace qui prolongeait leurs crocs étaient beaux à voir. Toutes les tuiles de la cathédrale étaient entièrement blanches, et les fenêtres des bureaux des fonctionnaires ecclésiastiques avaient des bougies allumées en grand nombre. C’était joli à voir toutes ces lumières sur toutes les façades de la Cathédrale.

Pour la première fois depuis longtemps, la Cathédrale Notre Dame était ouverte à tous. Malgré le froid et la neige, on pouvait voir les allées du gigantesque édifice de pierre bondées de monde, pour la plupart mal habillés ou pauvrement, dans le meilleur des cas ils portaient des mitaines sinon, et bien il ne restait plus que leur propre souffle pour se réchauffer. Tous les bancs n’étaient pas encore pris, loin s’en faut, mais la capacité n’était que de quelques centaines de personnes pour entrer dans un lieu où l’on était à l’abri du vent et de la neige. Pendant que les allées se remplissaient, l’êveque s’activait, une nuée d’enfants de chœur autour de lui. Dans la sacristie, on s’activait également, on révisait les derniers textes, on faisait un dernier tour de tout. Dans la galerie supérieure, l’organiste réglait son siège et faisait souffler son instrument. Les chœurs faisaient leurs vocalises. Pendant ce temps, la Cathédrale se remplissait à une vitesse impressionnante. Bientôt tous les bancs furent pleins alors que la foule continuait d’affluer. Pas grave, les gens restèrent debout sur les côtés.

Sur les côtés de l’estrade qui contenait l’autel, les notables prirent place dans des chaises rembourrées réservées pour eux. Fonctionnaires religieux, civils, nobles, grands bourgeois, la plupart avaient une place. Il y avait M. le Maire de Paris, le Duc de Rohan, le Prince et Duc de Talleyrand, Monseigneur le Cardinal de Therould, Monseigneur Louis Sept, l’Archevêque de Paris, et d’autres notables de moindre importance, comme par exemple le Commissaire Lavallée.

La messe pouvait commencer. Une procession partit de l’autel et fit le tour de la nef, avec en avant-garde un petit garçon qui répandait des nuages d’encens. Des chants en latins circulèrent entre les bancs, sur les lèvres des participants, et l’orgue en haut soutenait les chants des fidèles d’une façon gigantesque et harmonieuse. La procession finit son tour de la nef, et avait fini de consacrer le lieu.

On entonna les chants de Noël, simples, vrais, et la plupart en latins. La plupart des gens n’avaient aucune idée de ce qu’ils chantaient, mais ils chantaient avec foi et investissement personnel. Les chants s’élevaient vers le haut de la cathédrale, passaient par les vitraux, et s’envolaient vers le ciel, comme autant de prières. Des mêmes paroles reprises par des centaines de poitrines ne pouvaient laisser personne indifférent. Même les notables installés dans leurs coins chantaient aussi fort que la populace. Le temps de quelques chants, toutes différences étaient gommées, manants et seigneurs chantaient d’une même voix, d’un même cœur, d’une même âme, pour célébrer un symbole unificateur, qui était la pierre angulaire d’une seule société. La naissance du Christ.

On fit la première lecture, issue de l’évangile selon Saint Jean. Le texte était très souvent cité, mais il décrivait exactement ce que signifiait la naissance de Jésus-Christ, fêtée à travers Noël. On la lirait en français, afin que le texte soit dans la même langue que tout le monde, une demande du Cardinal.


Spoiler:
 
Nous avons contemplé sa gloire… la phrase roulait le long de la nef. La fête de Noël était là pour ca : pour célébrer la venue du plus grand espoir de l’humanité, celui qui permettait à chaque homme de triompher de la mort et de vivre libre. Peu importait la réalité, peu importait les avanies de la vie quotidienne, peu importait les injustices. A Noël, on gommait ces différences, a Noël, on était aux portes du Royaume de Dieu.

Les chants de Noël, entrecoupés de lectures entretenaient cette communion dans la prière et la louange.
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Romilly de Würtemberg
Mercenaire
Mercenaire
Romilly de Würtemberg


Feuille de personnage
Rang: Noble
Profession: Mercenaire
Parti (pour les Miséreux): Royaliste
MessageSujet: Re: La Messe de Minuit   Sam 26 Déc - 20:27

Gloire au Seigneur... Le Christ est né...
Les paroles de ce cher prêtre 'envolaient dans la Cathédrale, comme portées par leurs propres ailes, animées de leur propre pouvoir et retombant sur les fidèles silencieux ( ou presque ) comme autant de flocons magiques. Sur certains visages, on pouvait voir une nouvelle sérénité, ou une joie immense ... Symboles visibles d'une foi fervente. Sur le visage de Romilly, qui, les mains jointes et les yeux fermés faisait semblant de prier, on ne voyait qu'une calme façade, et un air de tendresse. Qui ne reflétait absolument pas ce qu'elle pensait.

Hypocrites. Même le Cardinal ne croit pas à ce qu'il dit lorsqu'il prêche habituellment, lui qui se perd dans les bras des femmes... Hyprocrites de nobles qui n'attendent que le bal. Hypocrites de pauvres qui n'attendent que la soupe...


Non, Romilly de Würtemberg, Duchesse de son état, ne croyait pas un seul mot de ce que disait Monseigneur de Thérould d'ordinaire et encore moins ce que le prêtre disait actuellement. Elle croyait en Dieu, certes ( sinon sa vie n'aurait pas eu de sens, ni la mort qu'elle donnait ) mais son coeur allait à la Mère, ... et à Marie-Madeleine. Elle ne croyait pas les histoires qu'on leur prêchait et pensait qu'elles étaient édulcorées pour plaire aux hommes - où était la vraie place des femmes là-dedans?

La jolie duchesse suivait la cérémonie comme tout le monde: récitant les prières quand il le fallait, se levant, se rasseyait, "amenisant" quand on le devait...
Mais elle observait surtout discrètement les gens, et pensait à ce qu'elle ferait: la Fête des nobles requerrait sa présence ( noble de son rang, et de surcroit "amie" de trop de gens, elle se devait de s'y faire voir ) mais elle avait plutôt envie de rejoindre la fête à la Cour des Miracles, y retrouver Arthem ou un autre ami ( voire amant ). Peut-être croiser Esméralda... Ou Keja. Elle ferait une apparition à la Cour du Roi et rejoindrait les souverains de son soeur - la Cour des Miséreux.

Vinrent les chants de Noël, moins religieux, plus pour les enfants. Elle ne les chanta pas et regarda le Cardinal droit dans les yeux quand le regard de celui-ci se posa sur les premiers rangs où il siégeait comme elle, mais où siégeaient d'abord et surtout le roi et sa famille puis les plus hauts nobles.
Ìls se connaissaient, tous deux. Deux requins pleins d'ambitions - et de pouvoir pour y parvenir. Une certaine complicité les unissait, qui ne se briserait que si l'un ou l'autre rompait le contrat qui les liait.


Dernière édition par Romilly de Würtemberg le Lun 28 Déc - 18:19, édité 1 fois
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Stanislas Doholov
Organiste/Marquis
Organiste/Marquis
Stanislas Doholov


Feuille de personnage
Rang: Noble
Profession: Musicien
Parti (pour les Miséreux): Royaliste
MessageSujet: Re: La Messe de Minuit   Lun 28 Déc - 14:24

La messe avait débuté. Mais le cardinal n'avait pas souhaité que le jeune noble intervienne en jouant de l'orgue. Il avait été dit au jeune russe que cette messe devait recouvrir une grande simplicité et une sobriété pour un recueillement plus profond. Le jeune russe avait opiné sans rien ajouté mais il comprenait difficilement l'entrain du cardinal à une messe sans joie et sans musique !
De ce fait, Stanislas se rendit tout de même à l'office, plus par habitude que par conviction religieuse. C'était surtout pour lui l'occasion pour lui de renouer avec le sacré, chose qui lui avait toujours paru nébuleux. La rencontre des paroissiens attisait aussi chez le russe comme l'occasion de pouvoir tailler le bout de gras avec quelqu'un.
La cathédrale était froide, et les discours du prélat résonnaient tel un écho dissonant. Pour les chrétiens l'évènement est de taille, et commémorer la naissance du Christ était synonyme de fête et de ripaille. Or, dans cette cathédrale ce soir, Stanislas ne ressentait que de la morosité et presque de la tristesse. Sûrement que le cardinal de Theroud y trouvait son compte en implorant Dieu dans la tristesse et le souvenir tragique des évènement qui suivirent dans la vie de Jésus.
Les pensées du russe s'envolèrent non point vers des prières profondes ni vers la méditation sur la nativité, mais plutôt allèrent sur l'orgue nu, et dépourvu de doigts de maitres pour aider à se propager des esprits confiants.
De ci de là, Stanislas posa ses yeux sur l'interieur de la cathédrale avant de s'arrêter sur une superbe créature qu'il avait déjà croisé. A son souvenir elle se distinguait dans la particule de Dame Romilly de Wurtemberg. Stanislas ne se serait jamais permis d'aller à la rencontre de cette dame, mais il s'avoua au fond de lui qu'elle pourrait être de bonne compagnie ne serait-ce que pour entamer une discussion de bon ton afin de faire connaissance.
Assis au rang opposé à elle, il la voyait quand-même en tournant la tête légerement et discrètement. Chamboulé par cet office atypique et sans pareil, Stanislas s'amusa ensuite à lancer des regards furtifs vers la belle.
De temps à autres il portait un regard recueilli vers le cardinal qui récitait sa messe sans trop de conviction et pensait au repas qu'il lui serait offert à la nonciature ou chez un évêque ventripotant d'un diocèse voisin.
Mais en parlant de victuailles ! A cette pensée festive, Stanislas pencha la tête à nouveau vers la Dame de Wurtemberg et coucut des idées telles qu'elle pourrait être seule pour ce réveillon et écourter sa veillée en retournant lire seule ses livres d'heure !
Mais qui pourrait laisser seule une telle splendeur ?
Les mots du cardinale incitèrent à une génufléxion et Stanislas se courba pour entrevoir de mieux en mieux le minois de cette belle.
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