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 Delenda Reforma

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AuteurMessage
Cardinal de Therould
Cardinal
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Cardinal de Therould


Feuille de personnage
Rang: Noble
Profession: Cardinal
Parti (pour les Miséreux): Royaliste
MessageSujet: Delenda Reforma   Mer 11 Nov - 13:25

Ce Dimanche, la Cathédrale était pleine de monde. Pas de rustres, pas de manants. Non, il y avait des bourgeois, plus ou moins riches, des gens de l’artisanat, et la partie haute du peuple. On pouvait également compter quelques nobles dans l’assemblée : il y avait le comte de Morcerf, toujours aussi ridicule avec sa perruque de travers, la Baronne de Formacin, qui n’avait pas maigri et prenait trois chaises, elle et ses robes. Il y avait une dizaine d’autres petits nobles, qui n’avaient pas d’autre raison d’être présent que la présence d’importantes personnes.

Et l’une de ces personnes, c’était le Cardinal de Therould.

Dans toute la bonne société, son nom revenait souvent. Un homme qui n’avait pas encore atteint la quarantaine, mais dont le zèle et la droiture avait assuré une promotion plus que rapide. Un homme d’église et de foi, tout à fait respectable. Depuis longtemps, Narcisse de Thérould ne se préoccupait plus des confessions, des homélies, et autres actions qui nécessite un contact avec les fidèles. Depuis qu’il avait intégré la haute hiérarchie catholique. Mais aujourd’hui fait exceptionnel, il prononçait son premier sermon depuis des années. Et c’était pour cette raison qu’il y avait tant de monde.

La messe suivait une liturgie particulièrement faste. Le cérémonial de bénédiction de l’autel avait été particulièrement long, et tatillon. L’encens brûlé piquait les yeux des premiers rangs. Les paroles en latin défilaient reprises fidèlement par l’assemblée, qui n’avait aucune idée de ce qu’elle racontait. Les dorures remplacaient la lumière naturelle, la gigantesque voûte réverbérait les sons, ce qui donnait un aspect presque irréel.

Le Cardinal entre, vêtu d’une soutane blanche et d’une écharpe verte, symbolisant les temps ordinaires de la liturgie. Sa soutane blanche la pureté. Il avait ses cheveux mi longs libres, et l’expression de son visage était parfaitement digne. Il entra avec une procession avec à sa tête une enfant de chœur qui portait une croix trois fois plus grandes que lui. La procession fit le tour de l’église, les gens sur son passage baissait la tête et marmonnait quelques mots. Enfin, elle s’arrêta à l’Autel et Narcisse de Therould gravit les marches, embrassa l’autel et s’agenouilla devant les images saintes, se signa puis se tourna vers l’assemblée, et entonna le credo, la confession de foi, d’une voix grave et vibrante, repris par l’église toute entière.


Credo in unum Deum, Patrem omnipotentem, factorem caeli et terrae, visibilium omnium et invisibilium.
Et in unum Dominum Jesum Christum Filium Dei unigenitum.
Et ex Patre natum ante omnia saecula.
Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero.
Genitum, non factum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt.
Qui propter nos homines, et propter nostram salutem decendit de caelis.
Et incarnatus est de Spiritu sancto ex Maria Virgine : Et homo factus est.
Crucifixus etiam pro nobis : sub Pontio Pilato passus, et sepultus est.
Et resurrexit tertia die, secundum Scripuras.
Et ascendit in caelum : sedet ad dexteram Patris.
Et iterum venturus est cum gloria, judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis.
Et in Spiritum sanctum, Dominum, et vivificantem : qui ex Patre Filioque procedit.
Qui cum Patre et Filio simul adoratur, et conglorificatur : qui locutus est per Prophetas.
Et unam, sanctam, catholicam, et apostolicam Ecclesiam.
Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum.
Et expecto resurrectionem mortuorum. Et vitam venturi saeculi.
Amen.


Le credo était déclamé, le Cardinal pouvait intervenir et faire son sermon.


« Mes chers enfants.

Le Seigneur veille sur vous, ainsi que sa très sainte Mère la Vierge Marie. Ne perdez jamais de vue les enseignements que vous a procuré votre deuxième mère l’Eglise, et ne vous écartez pas du chemin qu’Elle a tracé.

Mes chers enfants, je sais à quel point il peut parfois être dur d’être un bon chrétien face aux vices du monde. Qui ici n’a jamais succombé à un quelconque péché ? On ne trouvera personne pour lui jeter la première pierre. Mais l’important, c’est votre repentance, et les efforts que vous déployez pour votre salut. Quiconque sacrifiera n’importe quel aspect de sa vie pour accéder au paradis obtiendra le salut. Par vos œuvres par vos actes, vous devez mériter votre place.

Il fut un temps où une telle vérité était évidente. Ce n’est plus le cas. Mes chers enfants, un ennemi de la Foi rôde autour de la Sainte Eglise Apostolique et Romaine. Un ennemi qui prend notre visage, qui fait de fausses promesses, qui vous entraîne vers la damnation.

Mes chers enfants, je veux parler de la Religion Prétendument Réformée.

Ils ont pris le nom de protestants et ils remettent en cause la base même de la Chrétienté. Sa Sainteté le Pape, fidèle serviteur de Dieu, a décidé récemment de se lancer dans une grande contre-offensive face aux progrès de cette secte. Moi, le Cardinal de Therould suis le premier chargé de vous avertir du danger de ces idées ignobles. Nous devons éradiquer le protestantisme mes chers enfants, sous peine de voir l’Antéchrist s’installer. »


L’assemblée frissonna. Quel étaient donc ces protestants qui faisaient autant de mal ?

« Cette Eglise Prétendument Reformée est constituée de prêtres ayant renoncé à leurs vœux, de laics qui se croient le droit de prêcher, d’anciens paysans devenus ministres du culte après quelques études ânonnées dans des livres de cuisines. Et il revêtent l’apparence d’une Eglise structurée, pour mieux vous tromper.

La première chose qu’ils vous diront, c’est que vous êtes de toute façon condamnés dès le départ. C’est faux mes chers enfants ! L’homme n’est pas condamné par nature, il a juste été perverti par la Femme lors du Péché Originel. N’importe lequel d’entre vous peut s’élever au dessus de sa condition humaine, à condition que vous renonciez à cette même nature humaine.

Ensuite, ils vous diront que certes vous êtes condamnés, mais Dieu vous OFFRE le salut gratuitement. Ne les croyez pas ! Avez-vous déjà reçu gratuitement quelque chose que vous ne méritiez pas ? On n’accepte pas son Salut, on le mérite ! On le mérite par les Œuvres, par les Indulgences, par tout ce que vous sacrifiez au profit du Seigneur. Les prétendus Réformés ne vous offrent que des promesses, des promesses fallacieuses qui séduiront les plus faibles d’entre vous.

Ces protestants impriment des traductions de la bible en langue vernaculaire, des traductions qui ne sont pas conformes aux directives du Saint Siège. Il n’y a qu’une seule vraie Bible : la Vulgate. En dehors, point de Bible. Ils font de fausses traductions et graissent la patte des imprimeurs pour imprimer ces livres dangereux. Si un de vos voisins lit une de ces bibles, alors il est de votre devoir de chrétien de les dénoncer, afin de sauvegarder l’Eglise. Si un de vos prochains distribue ces livres, alors il mérite d’être excommunié. Cela marche aussi pour tous les livres mis à l’Index.

Ils prétendent que lire les Saintes Ecritures est le seul et unique moyen de se rapprocher de Dieu, mais c’est faux ! Les Pères de l’Eglise, Saint Augustin, Saint François l’ont bien dit : le chemin est tout tracé : seul nos actes et nos œuvres nous extirperons de notre triste condition humaine. »


Durant presque une heure, le Cardinal réussit à maintenir ce ton. Pour l’Eglise Catholique, le danger était réel. Le Vatican était très affaibli par le développement du protestantisme et surtout son expansion très rapide. Le Concile de Trente avait résolu quelques problèmes, mais pas tous. Récemment le Pape avait envoyé une bulle a tous ses Cardinaux, les enjoignant de reprendre l’offensive contre la Religion Prétendument Réformée.

A la fin de l’homélie, la messe continua, le Cardinal fit lui-même le sacrement de l’eucharistie, puis bénit l’assemblée et les envoya. La messe était finie.

Le Cardinal resta dans la nef, se faisant aborder tantôt par de grands personnages, tantôt par de simples artisans.

Voire moins…



[HJ: Vous avez tout lu? Merci. Maintenant le petit détail qui devrait vous faire bien rire: En IRL, je suis protestant réformé. XD]
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